« I’m not in love » de 10 CC, dansé collé/serré avec le flirt du moment, sous la lumière tournoyante de la boule à facettes que le fêtard de la classe avait bricolée pour la boom organisée dans le garage des parents. Tu te souviens ? Pas de dance floor sans sa boule à facettes, l’accessoire incontournable des boîtes de nuit depuis l’avènement du disco. Dans les années 70 et début 80, l’objet tournoyait sans fin sous les spotlights bien orientés, avant d’être ringardisé par la musique électronique des années 90. Roulez jeunesse pour un éclair de nostalgie !

Source : Flickr /photo Benjamin Linh Vu

Mystère et boule à facettes

Qui a bien pu inventé la boule à facettes, sphère ornée de facettes réfléchissantes ? Un malin qui avait compris la magie de la lumière électrique. Elle serait apparue aux USA, on s’en serait douté, à la fin du XIXè siècle, sous la forme d’une boule miroir qui aurait servi à accessoiriser le bal annuel d’un quartier de Boston. Un premier brevet est déposé en 1917 par un ingénieur de Cincinnati sous le nom de Myriad Reflector, mais c’est en France que la boule à facettes trouvera son public.

Dans les années 50, l’objet investit les bals populaires sous deux noms qui n’ont pas fait date : la boule à tango et la boule prismatique. La France était d’ailleurs LE grand producteur mondial de BàF (Boule à Facettes). Jusqu’au début des années 90, notre pays était le leader de la fabrication de boules à facettes avant de céder le flambeau à… la Chine.

On comprend que la France ait lâché l’affaire ! Chaque facette doit être collée à la main, rangée par rangée, dans un ordre parfait pour permettre une irisation optimale de la piste de danse.

La boule qui met le feu au dance floor

Saturday Night Fever, Staying Alive, ces deux films ont hissé la boule à facettes au rang d’objet culte. À l’époque, ma mère disait que j’étais frappée de « Travoltite », une pathologie qui touchait les ados hystérisées par le déhanchement de John. Tellement atteinte que j’ai bidouillé ma propre BàF pour enchanter ma chambre et pouvoir pirouetter sous sa lumière fragmentée au son du tourne-disque.

Pas un night club d’ici ou d’ailleurs qui n’ait sa boule tournoyante au-dessus de la piste de danse. Années 70, l’époque du disco, des pantalons pattes d’eph’, des t-shirts imprimés, des cuissardes et des robes à paillettes. La BàF électrise les danseurs, qui évoluent au rythme des mouvements lumineux glissant sur la piste.

La pop et l’électro, sans compter le rap, ont viré la boule dans les années 80, jugée ringarde comme le disco qu’elle accompagnait. L’évolution n’est pas subtile, tout semblait alors éclairé au néon, comme ces t-shirts fluo qui finissaient par rendre la couleur éreintante.

Source : ville de Paris

Mais la ringardise n’a qu’un temps. À l’aube des années 2000, les DJ réclament la fameuse BàF, qui, entre-temps, a agrandi son spectre lumineux. Idéale pour travailler les ambiances lumineuses, la boule couvre de ses rayons moirés les slows et autres mix de disco, la musique qui n’a pas son pareil pour faire se trémousser les foules.

Le 14 juillet 2012, c’est bien au son du disco, électrisé par une boule à facettes géante sous une Tour Eiffel scintillante, que Paris célèbre la Nation. Une boule de 1 200 miroirs, créée par l’artiste Michel de Broin, qui fait exploser les couleurs au rythme de la musique.

Chacun a un souvenir avec la boule à facettes, quel est le tien ?