Je brille de mille feux, j’aime le plastique et le métal, je suis le plafonnier des années 80, décennie où le design est toujours en recherche de la ligne parfaite que peuvent lui offrir les matériaux modernes. On est toujours dans la même dynamique. Le futuriste rétro a la cote, dans les extravagances vestimentaires comme dans la décoration intérieure.

Atomic Age design

Exit le lustre à pampilles en faux cristal, orné de fausses bougies, place aux luminaires aux formes épurées, d’inspiration galactique qui projette au plafond et sur les murs une lumière digne de la Voie Lactée.

Initié dès la fin de la Seconde Guerre Mondiale, en pleine période de la guerre froide, quand la menace nucléaire terrorisait l’Occident, le design Atomic Age a influencé l’architecture, le design industriel et commercial, la déco et les beaux-arts. Sa déclinaison au début des années 60, le design Space Age, est rapidement devenue très populaire, identifiable en un coup d’œil par les motifs atomiques et les symboles spatiaux.

Dans les années 60/70, la société de consommation est en train d’exploser. Le design Space Age, intimement lié au mouvement pop qui est la tendance forte de cette époque, a compris le désir des ménages d’accéder à des biens abordables qui reflètent les progrès technologiques du moment.

Le Space Age investit aussi la Haute Couture et le prêt-à-porter. Souvenez-vous des robes de Pierre Cardin et de Paco Rabanne, deux stylistes figures de proue de l’avant-garde vestimentaire par l’utilisation du vinyle, du métal et des formes géométriques sur des couleurs pétantes.

Source : Arzadesign/Robe Paco Rabanne en aluminium/photo Gunnar Larsen (1966)

Mode, kitsch, puis vintage

Le matériau phare après 1945 est l’aluminium : léger, pur, lisse, résistant à la corrosion, inaltérable comme un tube de Claude François, recyclable, même si c’était alors la dernière des préoccupations, et déclinable sous toutes les formes. S’il est concurrencé par le plastique et l’inox à partir des années 60, l’alu est encore très largement utilisé dans les années 70 dans le domaine de l’industrie, des arts ménagers et du design intérieur.

En témoigne la suspension sphérique avec lamelles de métal entrecroisées de cet appartement, dans l’esprit Max Sauze, artiste plasticien icône des années 60, célèbre pour sa série de luminaires qui ressemblent tellement à des sculptures qu’elles prendront l’appellation de sculptures lumineuses. La ligne Sauze s’illustre avec le plafonnier Cassiopée, magnifique éclairé comme éteint ; en format géant pour le palais des congrès d’Aix-en-Provence, il sera décliné en versions plus petites pour le marché privé.

Source : Design Market/Cassiopée Max Sauze

L’arrivée des lampes halogènes va bouleverser le marché des luminaires, reléguant lustres, appliques et autres lampes à poser en alu au rang d’objets kitsch… promis à la consécration quelques décennies plus tard en intégrant la catégorie vintage.