Destination Nostalgia

Minitel, l’outil technologique que le monde entier nous a envié… jusqu’à l’avènement d’internet et de l’ordinateur. Minitel pour Médium interactif par numérisation d’information téléphonique. Dit ainsi, ça fait beaucoup moins fantasmer. Et de fantasmes, il en est pourtant question avec le Minitel.

Le rose sera son premier fonds de commerce !

Prêt pour le plus beau shoot nostalgie des années 80 ?

L’objet emblématique des années 80

Inventé à Rennes et développé par le ministère des Postes et Télécommunications, le Minitel est lancé auprès du grand public en 1982, année où Chagrin d’amour inondait la radio de son “chacun fait c’qui lui plaît”  – vous l’avez, votre petite scie musicale pour la journée – et a perduré jusqu’au 30 juin 2012 exactement, une longévité inédite pour un outil télématique franco-français qui ne s’est jamais exporté.

En 2000, le Minitel est alors utilisé par un Français sur deux, soit 25 millions de clients pour 9 millions de terminaux. Au plus fort de sa popularité, il générera plus d’un milliard d’euros de revenus.

Les PTT, futur France Télécom, décident de le rendre gratuit, ce qui favorise son essor. Ce qui est d’abord un simple annuaire (qui paierait pour un annuaire ?) s’enrichit rapidement de services qui sont en revanche payants. L’ouverture du fameux 3615 en 1984, année où France Gall débranche tout, va propulser son développement avec une explosion de services (jusqu’à 25 000 dans le milieu des années 1990). Horaires de train, billets d’avion, petites annonces, presse, jeux en tout genre et surtout messageries de rencontres, accusées rapidement de dépraver le système.

Le Minitel rose deviendra un véritable produit d’appel, générant la moitié du trafic et des revenus. La relation intense entre le rose et la technologie payante n’en est qu’à ses débuts ! Saviez-vous que Xavier Niel (Free, journal Le Monde) avait amorcé sa fortune avec les messageries roses ?

Comment ça marche ?

Fleuron technologique français, le Minitel est l’outil télématique de référence, la télématique étant un néologisme issu de la conjonction des mots télécommunication et informatique. Minitel est le terme fourre-tout qui inclut à la fois le terminal, le réseau et les services. Son fonctionnement repose sur le vidéotex (programme Télétel), une technique de transmission des informations via le réseau de télécommunications Transpac qui permet alors de se connecter aux serveurs hébergeant les services télématiques.

À l’époque du lancement du Minitel, le seul écran présent dans les foyers français est la télévision. Après plusieurs expérimentations, les concepteurs du Minitel créent un terminal tout-en-un, doté d’un écran, d’un clavier rabattable et d’un câble de raccordement à la ligne téléphonique. À partir de la fin des années 1990, un autre écran va progressivement s’imposer dans les foyers français, a fortiori dans les entreprises, à savoir l’ordinateur, terminal actif contrairement au Minitel qui est passif car dépourvu de processeur et de dispositif de stockage.

L’essor d’internet entraîne le déclin du Minitel… dont le développement avait été préféré au projet français Cyclades, un des ancêtres de la toile. Oups !

3615 je reviens

Le Minitel n’a pas dit son dernier mot. Si vous avez gardé votre vieux Minitel, c’est le moment de le ressortir ou d’en chopper un sur le Bon Coin. Trois passionnés de télématique ont mis au point MiniMit, un boîtier qui permet de raccorder le Minitel au wifi via une prise DIN. La résurrection du Minitel va donc permettre aux nostalgiques de 3615 ULLA de retrouver leur site de rencontres préféré. Seule une dizaine d’anciens services comme cette messagerie rose, l’annuaire, l’horoscope, le jeu du pendu ou la météo sont toujours en activité. Ce projet a besoin de soutien, rendez-vous sur la plateforme Ulule pour redonner vie au Minitel.

Si vous avez un abonnement OCS, ne ratez pas la série comique “3615 Monique qui raconte l’histoire des pionniers du Minitel Rose.

Et la pub qui rappelle ce monde merveilleux (ou pas) :

Et aussi la dame avec les épaulettes grises que ça en jette un max :