Impossible de trouver un design plus simple pour une assise : deux cônes en plastique l’un sur l’autre et une couleur unique. Simple mais nullement simpliste. La pureté du trait fait le succès du tabouret Tam Tam, dont l’histoire continue de s’écrire.

Objet culte du design fonctionnel

À la tête de la fabrique de peignes familiale Stamp depuis la fin des années 1940, l’industriel français Henry Massonnet développe des seaux et des glacières pour les pêcheurs, et cogite à la création d’un siège simple et léger pour les hommes de la mer. Cintré comme un sablier, démontable, pratique et transportable, le tabouret Tam Tam naît en 1968, année où Claude François se lamente comme d’habitude. À l’époque, le plastique, c’est fantastique ! Cette matière en plein essor offre aux créateurs un espace infini pour imaginer les formes les plus originales.

Le Tam Tam brille par sa simplicité formelle sculpturale. Il est composé de trois parties : deux éléments coniques en plastique moulé qui s’emboîtent et un couvercle qui sert d’assise. Les pêcheurs l’adoptent, mais rapidement le tabouret conquiert un public bien plus large. Vendu alors au prix de 10 francs, le Tam Tam décline au fil du temps toute la gamme chromatique ou presque, des teintes acidulées au fluo, en passant par les couleurs métallisées et primaires. Il peut même servir de rangement, puisque les cônes sont creux.

BB et le MoMa

Populaire dès son lancement, le Tam Tam monte dans l’ascenseur économique quand les fesses les plus célèbres du cinéma français vont se poser dessus. La photo de Brigitte Bardot assise sur le tabouret fait le tour des magazines et les ventes de l’objet s’envolent. En une décennie, plus de 12 millions d’exemplaires sont vendus et accessoirisent les foyers français, du salon à la cuisine, de la chambre à la salle de bain. Le tabouret Tam Tam fait désormais partie des objets du design les plus jouissifs et les plus accessibles.

En 1970, le Tam Tam entre au Modern Museum of Art de New York (MoMa), preuve qu’il n’est pas seulement fonctionnel mais aussi œuvre du design contemporain. Le choc pétrolier de 1973 va obliger Henry Massonnet à en stopper la production à l’orée des années 1980.

Source : myTamTam/tabouret créé par ©André

Ad vitam eternam

La sobriété et la praticité du Tam Tam en ont fait un utilitaire indémodable, résistant à toute tendance. Sous l’impulsion de Branex Design, une union industrielle de designers et de fabricants français, le tabouret est réédité en 2002, à partir du moule n°169 d’origine retrouvé dans l’usine Stamp. 

Des créateurs de renom s’en emparent, les éléments de base restent inchangés, mais leur forme peut varier. Le prix d’appel du Tam Tam reste abordable (à partir de 25€), et en version André Saraiva (voir photo), on atteint les 500€ ! Pour la petite histoire, Henry Massonnet repose sous une réplique en granit de sa création dans le cimetière de son village.